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Livres : Intelligence des animaux et des plantes – De Waal et Mancuso + bonus

Aujourd’hui, je vous propose deux livres autour de l’intelligence des animaux et des plantes et en bonus je vous parle du livre d’Elizabeth Kolbert, La 6ème extinction.

Sommes-nous trop bêtes pour comprendre l’intelligence des animaux ? – Frans de Waal

Dans ce livre, Frans de Waal revient sur les recherches menées sur l’intelligence des animaux à partir du 20ème siècle. Les capacités cognitives des animaux ont toujours posées question. Entre la théorie mécaniste de Newton ou celle du béhaviorisme de Skinner, il existe une troisième voie : observer les animaux dans leur univers avec leurs congénères. Les animaux sont plus intelligents que ce que l’on pensent à condition d’utiliser les bonne méthodes. S’appuyant sur ces compétences en tant éthologue et primatologue, Frans de Waal montre comment l’intelligence des animaux est bien plus développé que ce que l’être humain pouvait penser. A condition de mener les bonnes expériences. Je retiens cet exemple sur les gibbons. Ils font partie de la famille des grands singes comme les chimpanzés, les bonobos, les gorilles ou les orangs-outans. Une expérience montre que les gibbons n’arrivent pas à saisir un morceau de bois posé par terre contrairement aux autres grands singes. Pourquoi? Simplement les gibbons sont des singes arboricoles donc saisir une branche au sol leur est inutile. Il est impossible de conclure que les gibbons sont moins intelligents que les chimpanzés car ils échouent à cette expérience. Elle est simplement inadaptée aux gibbons.

Le livre Sommes-nous trop bêtes pour comprendre l’intelligence des animaux ? est truffé d’exemples et d’anecdotes issu des recherches de Frans de Waal et de ces collègues partout dans le monde. Si les expériences sur les primates sont prépondérantes dans le livre, certaines concernent aussi les dauphins, les chiens et loups, les oiseaux, les éléphants, les rats et souris ou les pieuvres. Et ce n’est pas parce que le cerveau de certains animaux sont plus petits qu’ils sont moins « intelligents ». Ainsi certains corvidés (les geais je crois) ont une grande mémoire car ils savent retrouver leurs graines quelques mois après les avoir cachées. Ils sont aussi capables de « détourner l’attention » d’autres geais pour que ces derniers ne trouvent pas leur cachette.

Les notions d’utilisation d’outils, de réflexions à long terme, d’empathie, de jeux, d’entraide, d’émotions sont aussi abordées dans ce livre. Richement documenté mais un peu dense, ce livre permet d’en apprendre un peu plus sur les dernières découvertes sur l’intelligence des animaux. Il est très intéressant par le nombre d’exemples donnés mais aussi par l’humour de l’auteur, un peu moins sur les parties sur les querelles scientifiques qui émaillent le champ de la cognition animale. Dans tous les cas, les animaux ont encore beaucoup de secrets et ne sont pas aussi bêtes que l’on veut bien le croire.

L’intelligence des plantes – Stefano Mancuso, Alessandra Viola

Les plantes sont-elles intelligentes? Dans ce livre, L’intelligence des plantes, Stefano Mancuso nous prouve que les plantes possèdent une intelligence certes très différente de la nôtre d’où notre difficulté à nous en convaincre.

Depuis l’Antiquité les plantes ont toujours été considéré comme inférieures du simple fait qu’elles sont immobiles. Mais elles sont indispensables à la vie. Grâce à la photosynthèse, elles synthétisent l’oxygène. Elles nous nourrissent (elles sont à la base de la chaîne alimentaire). Elles fournissent également des fibres pour l’habillement, de l’énergie (pétrole, charbon, bois), des médicaments… Enfin vivre entouré·e de nature a un effet bénéfique sur la santé. Pourtant le règne végétal est souvent ignoré. Dans leur livre, Stefano Mancuso et Alessandra Viola nous montre  qu’il faut l’observer d’un œil nouveau. Les plantes possèdent les cinq sens ( vue, odorat, goût, toucher, ouïe) et 15 autres sens comme déterminer le taux d’hygrométrie ou percevoir la pesanteur ou les champs électromagnétiques… Tout un chapitre est également consacré à la communication des plantes entre elles ou avec les animaux. Enfin, dans le dernier chapitre, les auteurs abordent la questions de l’intelligence des plantes. Peuvent-elles raisonner? Peuvent-elles résoudre des problèmes? Pour Stefano Mancuso, « la réponse est positive, à n’en pas douter, et elles en apportent des preuves à tout instant. » [p 173]

Au delà de la question de l’intelligence des plantes qui est encore débattu dans la communauté scientifique, Stefano Mancuso nous invite grâce à son livre à considérer les végétaux d’une façon bien différente. Ainsi les plantes ne sont pas des « objets » immobiles et insignifiants mais des êtres vivants à part entière. Cependant, je regrette la vision utilitariste des végétaux. La nature nous rend de nombreux services que l’on a trop souvent tendance à ignorer.

Bonus : La 6ème extinction de Elizabeth Kolbert

Il y a déjà eu cinq grandes extinction dans l’histoire de la Terre et la plus connue est celle des dinosaures il y a 65 millions d’années. Mais aujourd’hui nous sommes en train de vivre la 6ème extinction dont l’espèce humaine est responsable.

Dans son enquête à travers le monde, Elizabeth Kolbert montre comment l’homme détruit la vie en interrogeant de nombreux scientifiques sur la disparition d’espèces animales et végétales. Des minuscules grenouilles qui disparaissent au Panamá au moa ou à l’aigle géant de Haast en Nouvelle-Zélande en passant pas les arbres de la forêt andine, l’être humain est à chaque fois responsable de la disparition de ces espèces.

Le grand pingouin en est un exemple. Cet oiseau incapable de voler avait une aire de répartition assez large (de l’Amérique du Nord à l’Europe du Nord). Si l’être humain à toujours chasser le grand pingouin, il a été exploité par les Européens pour sa viande, ses œufs et sa fourrure à partir du XVème siècle environ, sans aucune parcimonie. En moins de 300 ans le grand pingouin avait disparu de la surface de la Terre. Plusieurs espèces animales et végétales sont aussi menacées par notre mode de vie. Nous sommes responsables de l’acidification des océans compliquant très sérieusement la vie des coraux. Par nos échanges commerciaux, nous transportons des maladies, des bactéries, des champignons, des insectes ou des mammifères d’un continent à l’autre et nous infectons animaux et végétaux ne sachant pas se défendre contre ces pathogènes.

Dans son livre, Elizabeth Kolbert nous montre que nous, les humain·e·s, en modifiant profondément la biodiversité de notre planète sommes responsables depuis très longtemps de la disparition d’espèces animales et végétales.

Avez-vous lu un de ces trois livres? N’hésitez pas à donner votre avis.

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