Julie et Alexandre, maraîchers en conversion bio

Après avoir vu des documentaires comme Sacrée Croissance, Demain ou En quête de sens racontant les histoires de personnes se tournant vers des projets de vie plus écologiques et éthiques, j’ai cherché si je pouvais rencontrer de telles personnes près de chez moi. Et oui, elles existent et proposent des alternatives en respect avec la nature et les êtres humains. Aujourd’hui, dans ces initiatives éco-éthiques locales, je vous emmène à la rencontre de Julie et Alexandre, maraîchers en conversion bio aux portes de Poitiers.

Comment vous est venue l’idée de vous lancer dans le maraîchage?

Nous avions l’envie d’entreprendre en lien avec le respect de la nature. Mon conjoint est issu d’une famille d’agriculteur, il est donc en lien avec ce milieu depuis son enfance ce qui nous a un peu facilité la tâche (réflexe de travail, conseils de l’entourage…). Son père nous a proposé des terres qui n’étaient plus exploitées depuis des dizaines d’années et nous voilà lancés dans un projet de vie et une très belle aventure !

Tous vos légumes sont cultivés avec des produits naturels. Vous pouvez nous en dire plus?

Effectivement les engrais que nous utilisons sont organiques (qui provient directement ou indirectement de tissus ou d’organismes vivants), le désherbage se fait avec une bineuse pour le gros du travail puis à la main pour fignoler. Les traitements contre les maladies sont la bouillie bordelaise, les purins de plantes (ortie, prêle, consoude…) ou encore à base d’oligo-éléments (bore, cuivre, zinc, fer…). Nos graines sont non traitées ou bio.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la culture sans produits chimiques?

Le premier avantage est de n’empoisonner ni la nature ni les personnes qui mangent nos légumes ! Faire les choses dans le respect de ce qui nous entoure est très important pour nous ! Il y a quelques inconvénients bien sûr, nos champs sont régulièrement envahis d’adventices, certains de nos légumes ont parfois quelques vers, ou bien se font déguster dans les champs par des animaux/insectes plus ou moins gros… mais il faut être philosophe et se dire que c’est une forme de partage avec la nature.

Évidement ça demande plus de travail physique, de patience et d’accepter de ne pas avoir le contrôle sur tout ce qui nous entoure, mais c’est une grande satisfaction de contribuer à l’équilibre de la nature.

Vous vendez vos légumes sur les marchés et sur votre exploitation. Pourquoi avoir fait le choix de la vente directe?

Pour être exact nous avons plusieurs types de débouchés :

– Vente directe : les marchés (2 fois par semaine), sur l’exploitation (1 fois par semaine), la cantine scolaire de notre commune et très prochainement un restaurant bar à soupe qui va ouvrir ses portes en septembre (Juste Gourmand).

– Vente à des intermédiaires : E. Leclerc (grand large à Poitiers), épiceries solidaires (via Uniterres ANDES).

Ce qui est important pour nous c’est de ne pas s’enfermer dans un seul débouché. Cela demande plus de travail car il faut gérer chaque débouché indépendamment avec une façon de travailler différente les uns des autres mais cela nous assure notre liberté et notre indépendance. Nous avons cela dit une préférence avec la vente directe car nous pouvons discuter avec notre clientèle et avoir leurs avis.

Betteraves Chioggia, carottes jaune du Doubs, tomates anciennes… Ce sont quelques légumes que j’ai découvert chez vous. Pourquoi choisir ces variétés en particulier?

Pour plusieurs raisons ; l’originalité gustative et visuelle de ces produits est importante mais leurs résistances aux maladies et l’acclimatation à notre région ne sont pas à négliger !

Vous n’êtes pas certifié bio. Pouvez-vous nous en expliquer les raisons? Envisagez-vous d’obtenir la certification AB prochainement?

Dès le départ, le choix d’une culture responsable et respectueuse de l’environnement a été logique pour nous. Mais le label bio n’a pas fait partie de notre « philosophie » au début. Tout d’abord, il faut savoir que cela a un coût et que nous avons commencé avec peu d’investissements. Bien qu’il y ait des aides, nous voulions commencer le plus simplement possible. De plus, cela nous a poussé à échanger avec nos clients sur notre façon de travailler.

Cependant notre exploitation grandissant petit à petit, nous sommes désormais en première année de conversion bio.

Je voudrais remercier tout particulièrement Julie pour m’avoir fait visiter son exploitation et d’avoir pris le temps de m’expliquer son métier avec passion et enthousiasme.

Vous pouvez retrouvez Julie et Alexandre sur les marchés de Montmidi (Poitiers) le mercredi après-midi, Notre-Dame (Poitiers) le samedi matin et à la boutique de l’exploitation des Brejottes (Quincay) le vendredi après midi. Plus d’informations sur leur site internet.

Achetez-vous vos fruits et légumes auprès de maraîchers sur un marché par exemple?

Cette initiative éco-éthique de Julie et Alexandre vous inspire-t-elle?

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5 réflexions au sujet de « Julie et Alexandre, maraîchers en conversion bio »

  1. Iza

    Je trouve particulièrement injuste que l’agriculture conventionnelle reçoive des subventions alors que les maraîchers bio sont obligés de payer pour avoir le label. Je n’achète pas (encore) mes légumes chez un producteur local (mais c’est en cours d’étude, niveau horaires/jours d’ouverture), cependant je les achète à mon Biocoop qui se les procure… chez eux ! Il me semble tout à fait logique d’acheter ce qui est produit avec soin près de chez moi plutôt que d’acheter des tomates aux pesticides venant de je-ne-sais-pas-où. Bravo à ces maraîchers, je leur souhaite beaucoup de succès !

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    1. Julie Chazerans

      Merci beaucoup pour ces encouragements ! Et oui c’est important de consommer local et bio ( ou non traité chimiquement ) aussi bien pour sa santé que pour la planète. Encore mieux en direct producteur mais c’est vrai que c’est une autre organisation ! Merci encore a la Marmotte chuchote et a tout ceux qui encouragent les producteurs !

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