Mon premier purin : l’ortie

La semaine dernière, je vous présentais le livre de Brigitte Lapouge-Déjean et Serge Lapouge Je prépare mes potions pour le jardin. Pour prendre soin de mon potager, j’ai décidé d’utiliser des soins d’origine végétale principalement. Le mois dernier, j’ai donc fabriqué un purin d’ortie en suivant le mode d’emploi du livre. J’avais également assisté à une mini-formation gratuite dispensée par ma Biocoop à l’occasion de la Semaine pour les Alternatives aux Pesticides.

Tout d’abord, il m’a fallu m’équiper. Il est préférable de privilégier les contenants en plastique, verre ou inox suivant les préparations. Pour les purins appelés aussi extraits fermentés, un minimum de 30 litres doivent être préparé pour avoir une bonne fermentation. J’ai donc acheté un seau en plastique pour la préparation, un bidon pour le stockage et quelques accessoires ; gants, passoire, entonnoir … Il n’est pas nécessaire que le matériel soit neuf donc vous pouvez écumer les vide greniers pour vous équiper.purin_ortie_2

La qualité de l’eau et la température de fabrication sont importantes. J’ai utilisé l’eau de pluie pour mon purin mais vous pouvez aussi utiliser de l’eau du robinet à condition de la laisser dégazer 2 jours pour éliminer le chlore. Enfin, la température idéale de fermentation est de 20°C. Personnellement, j’ai préparé mon purin en avril donc je l’ai fait à l’abri dans mon garage pour éviter les écarts de température.

Après avoir réuni le matériel, je suis partie en quête d’orties avec mon sécateur et des gants. Il est préférable de ne pas arracher la plante mais plutôt de la couper proprement. Pour le purin, vous pouvez utiliser les tiges et les feuilles. Lors de la préparation, il suffit ensuite de couper finement les orties, les mettre dans un seau en plastique puis ajouter l’eau. Après il suffit de mélanger une fois par jour le purin et cela pendant 8 à 10 jours. Vous verrez apparaître au bout de quelques jours des petites bulles, signe que la fermentation a débuté. J’ai également senti une légère odeur mais tout à fait supportable. L’important est de brasser votre purin régulièrement.

Une fois la fermentation terminée (disparition des bulles), j’ai filtré mon purin à l’aide d’une passoire, d’une étamine et de gants. Le purin peut être utilisé directement ou conservé dans un bidon pour une utilisation ultérieure. Les résidus sont partis au compost car l’ortie a la vertu de l’activer. Le purin se conserve un an et s’utilise dilué à 5, 10 ou 20 % suivant les propriétés que l’on recherche. C’est un bon engrais pour stimuler les jeunes plants et il peut aussi être utilisé comme insectifuge, insecticide et fongicide.

Faire son purin n’est pas trop compliqué car il suffit de récolter des orties et de penser à mélanger tous les jours lors de la fermentation. La cueillette de l’ortie permet aussi de faire une sortie dans la nature. C’est une plante facile à reconnaître, plus facile que la consoude par exemple, idéale pour débuter. Elle est également très utile au jardin car c’est un refuge pour les papillons. Vous pouvez aussi la cuisiner. Si vous ne voulez pas confectionner votre purin, vous pouvez l’acheter directement ici, chez un revendeur ou vous pouvez acheter de la poudre d’ortie et ensuite le fabriquer.

Utilisez-vous des purins pour votre jardin?

Pour aller plus loin :

Purin d’ortie et extraits végétaux, Jean-François Lyphout, Editions Ulmer

L’association Aspro-Pnpp : association pour la promotion des préparations naturelles peu préoccupantes

Du poison dans nos jardins, documentaire de Marisa Cattini, 2016

Vous avez aimé cet article. Partagez-le!

8 réflexions au sujet de « Mon premier purin : l’ortie »

  1. Laurine-Les2Alchimistes

    Oui on en utilise 🙂 Ortie, pissenlit, consoude (qu’on a eu du mal à trouver) . L’odeur est particulière mais largement supportable c’est vrai. ça sent l’étable 😉

    Pour quelle utilisation en as tu fabriqué? 🙂

    Répondre
    1. Catherine [la marmotte chuchote] Auteur de l’article

      C’est vrai que çà rappelle l’odeur d’étable.
      Je vais l’utiliser comme stimulant pour mes plants de tomates.

      Répondre
      1. Iza

        Quand j’avais un jardin (soupir de regret) et que je plantais des tomates, j’avais l’habitude de mettre quelques feuilles d’ortie froissées au fond du trou avant de placer les plants. En se décomposant, l’ortie fortifiait les tomates et elles étaient magnifiques 🙂

        Répondre
        1. Catherine [la marmotte chuchote] Auteur de l’article

          J’avais déjà entendu parler des feuilles d’ortie pour les tomates mais je n’ai jamais testé. J’espère que tu auras à nouveau accès à un jardin pour faire pousser tes belles tomates.

          Répondre
  2. Iza

    Ma soeur utilise du purin d’ortie dans son jardin sur ses rosiers. Elle en avait un qui devenait rachitique, ça lui a donné un coup de fouet et il a littéralement croulé sous les roses ! Par contre, qu’est-ce que ce purin pue ! 😉

    Répondre
    1. Catherine [la marmotte chuchote] Auteur de l’article

      Les purins sont aussi efficaces que les engrais industriels mais c’est vrai, çà sent un peu. 😉

      Répondre
  3. Norb

    Merveilleuses Orties! Pour la jardin, ne pas oublier l’urine non plus (fortement diluée également bien sûr, sinon c’est un désherbant). C’est moins connu, car sans doute moins sympathique d’un point de vue marketing, mais ça reste un des meilleurs engrais qui soit, pile dans la lignée de l’Ortie (booster d’azote), et le produit le plus simple et le plus écologique que vous puissiez dénicher. Si vous travaillez sur sol couvert (paillis, BRF ou autre), c’est encore mieux, le Carbone du couvert venant équilibrer cette manne azotée. Notez au passage que si l’urine a été souvent abandonnée au jardin, c’est sans doute à cause de l’hygénisation radicale de notre époque; mais pour rappel, l’urine est (quasiment) stérile, en tout cas guère plus inquiétante qu’un purin fait maison!

    Répondre
    1. Catherine [la marmotte chuchote] Auteur de l’article

      Je n’ai jamais essayé l’urine même si je sais qu’elle est riche en azote, disponible tout le temps et pas cher 😉 Peut-être qu’un jour je me lancerai.
      J’essaie de pailler le plus possible mon jardin mais cela dépend des matériaux que je trouve. L’année dernière, j’avais pu dénicher de la paille et l’hiver j’utilise les feuilles mortes des arbres de ma rue.

      Répondre

Envie de partager vos pensées! Laissez-moi un petit message.