Festival Alimenterre 2015

Depuis le 15 octobre a débuté, en France mais aussi dans quelques pays africains et au Canada, le Festival Alimenterre. En 2015 a lieu la 9ème édition. J’avais déjà évoqué ce festival très brièvement et c’est grâce à un documentaire projeté en 2014 que j’avais décidé d’arrêter le jus d’orange au petit-déjeuner.

Le festival Alimenterre

Le festival Alimenterre propose chaque année 5 à 7 films documentaires sur la question de l’alimentation et de l’agriculture dans le monde. Pour l’édition 2015, et à quelques jours de l’ouverture en France de la COP21, il met en avant la relation entre climat, agriculture et alimentation. Souvent mise à l’index, l’agriculture est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre mais d’un autre coté, elle est aussi victime, touchée par les sécheresses, les inondations ou les baisses de rendement. A travers la sélection des documentaires, le festival s’interroge (et nous interroge) sur comment nourrir l’humanité à l’horizon 2050, comment repenser les modèles agricoles et les circuits de production et de distribution. Aujourd’hui, 1 milliard de personnes souffrent de la faim (famine, malnutrition) dans le monde dont 75% sont des paysans. Paradoxal? De plus, ces personnes sont aussi les premières touchées par le changement climatique. Comment faire demain? Le programme du festival Alimenterre 2015 peut nous aider à choisir les modes de consommation à privilégier.petit-visuel-festival-alimenterre-2015

Le programme du festival Alimenterre 2015

J’ai découvert ce festival il y a 1 an mais les questions posées résonnent particulièrement en moi donc, impossible de rater, cette année, la projection des films tant la sélection est pertinente. Pour l’édition 2015, huit films sont proposés :

  • Oh la vache : Marguerite, ou les impacts de la filière lait française, un film de Yann Vicherat et Basic de 2014 sur les impacts sociétaux et environnementaux de la production de lait en France et dans le monde.
  • Oh la vache : Copier – Cloner, un film de Louis Rigaud de 2009.
  • Et maintenant nos terres, un film de Benjamin Polle et Julien Le Net de 2015 sur l’accaparement des terres en Afrique.
  • Ceux qui sèment, un film de Pierre Fromentin de 2014 sur l’agriculture familiale dans le monde.
  • Roumanie, éleveurs porcins à terre, un film de Marie-Pierre Camus de 2013 sur le rachat de porcheries roumaines par un géant de l’agroalimentaire américain.
  • Palme, une huile qui fait tache de Emilie Lancon datant de 2013 sur les conséquences pour la santé et l’environnement de l’utilisation de l’huile de palme et ces alternatives.
  • Les Liberterres, un film de Paul-Jean Vranken et Jean-Christophe Lamy de 2015, l’histoire de rébellion de quatre paysans.
  • 9.70, un film de Victoria Solano de 2013 sur la loi 9.70 interdisant aux agriculteurs colombiens de conserver une partie de leur récolte pour l’utiliser comme semence.

Les Liberterres

Jeudi dernier, je suis allée à la projection du film Les Liberterres dans ma ville. Ce documentaire belge retrace le parcours de quatre agriculteurs qui se sont rebellés contre le système agro-industriel. Ils ont compris que l’agriculture conventionnelle n’était pas l’avenir pour nourrir le monde. A travers leur regard, nous découvrons quatre visions de l’agriculture mais qui ont toutes en commun la culture sans pesticides et la vente en circuit court. Ces paysans sont devenus autonomes, maîtrisant toutes les étapes, de la production à la commercialisation. Les réalisateurs ont choisi quatre personnes au parcours différents possédant des tailles d’exploitations variables. Vous ferez la connaissance de Giuseppe, sicilien, producteur de blé ancien, d’Olga, productrice de lait en Autriche, d’André, éleveur de vaches et maraîcher en Wallonie et Rémi, éleveur de chèvres qui partage son temps entre la Flandre et le Burkina Faso.

Entrecoupées d’images en noir et blanc vantant la révolution verte, ce documentaire montre qu’il est possible de faire autrement aux quatre coins de l’Europe. Ces agriculteurs se réapproprient leur métier, redécouvrent les savoirs oubliés et « libèrent la terre » pour produire une nourriture saine. Ils vivent de leur métier sans course au rendement. Ils se passent des intermédiaires et commercialisent en circuit court. Dans ce système et même si cela n’est pas montré dans le film, les consommateurs ont un rôle important à jouer.

J’ai beaucoup aimé ce documentaire car il m’a fait redécouvrir une agriculture paysanne, des agriculteurs « rebelles » qui sont redevenus libres. La projection était suivi d’un débat animé par une association et un paysan local. Le film et la discussion montrent qu’il est donc possible pour les agriculteurs de se réapproprier leur métier et aux consommateurs de choisir de s’approvisionner à la ferme ou en circuit-court afin de soutenir et encourager l’agriculture de demain.

Connaissez-vous le festival Alimenterre? Avez-vous vu le film Les Liberterres ou un autre film du festival?

Vous pouvez retrouver le programme du festival Alimenterre 2015 ici.

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4 réflexions au sujet de « Festival Alimenterre 2015 »

  1. Céline

    Merci pour le partage. Je ne connaissais pas ce festival mais je vais suivre ça de près… je m’intéresse à ce rapport à la terre et encore plus depuis que je suis en formation en horticulture évidemment !

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    1. la marmotte chuchote Auteur de l’article

      Ce festival propose chaque année des documentaires en lien avec l’agriculture et l’alimentation. Tu peux d’ailleurs retrouver les films présentés les années précédentes ici. Cà devrait te plaire.

      Répondre

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