Peinture, cuisine, cosmétiques : à la découverte du potentiel des végétaux avec Lumin’essence des plantes

En juin dernier, j’ai participé à un atelier-découverte de peinture végétale organisée par Lumin’essence des plantes. A cette occasion, j’ai proposé à Marie-Christine Legendre, l’animatrice de cet atelier de répondre à mes questions pour en apprendre un peu plus sur cet univers.

Comment avez-vous découvert et appris à fabriquer les peintures végétales ?

C’est lors d’un stage sur les PAM (plantes aromatiques et médicinales) que j’ai rencontré une personne qui fabriquait sa  peinture avec les plantes pour réaliser ses peintures artistiques. Elle m’a montré ce qu’elle faisait et ….

Instantanément, cela a eu un impact sur moi, dans le sens où les couleurs étaient juste magnifiques, les plantes nous offraient là un cadeau auquel je n’avais jamais pensé. Ce fût comme une révélation.

Cette personne m’a appris la méthode la plus simple pour extraire les pigments végétaux, ensuite je me suis documenté et surtout j’ai fais des essais. La curiosité et l’admiration des couleurs furent le moteur, je voulais essayer tous les végétaux. Il existe peu d’ouvrages complets sur le sujet….. j’ai encore beaucoup à apprendre !

Quelles sont les plantes que l’on peut utiliser pour fabriquer ce type de peintures ? 

Toutes les parties des plantes sont utilisables ? Ça dépend des plantes :

Pour la peinture végétale on peut utiliser : des fleurs « sauvages »  le genêt des teinturiers, la reine des prés, séneçon jacobée, la gaude, le millepertuis, solidago, le gaillet croisette, oseille des prés….il y en a bien d’autre.

On peut utiliser les fleurs d’ornement que l’on a dans le jardin : œillet d’inde, la rose trémière, la coréopsis , le cosmos , la camomille des teinturiers, le dahlia ….

les baies : les mûres, le troène, le sureau….

Les feuilles :  de figuiers, ronces, noyer, bourdaine, troène, reine des prés ….

Les racines: oseille sauvage, reine des prés….j’évite toujours de prendre les racines.

On obtient des couleurs avec certaines plantes du potager : l’oignon par exemple donne une très jolie couleur jaune orangé .

Les feuilles d’épinards donnent du vert. Le persil donne un joli jaune.

 On peut également utiliser le choux rouge mais la couleur est vraiment pas stable.

Avec les peintures végétales, certaines couleurs sont-elles plus difficiles à obtenir que d’autres ? Sont-elles stables dans le temps ?

Oui certaines couleurs sont difficiles à obtenir et à garder stables : le bleu par exemple que l’on obtient avec certaines baies (entre autre) contient des anthocyanes ( pigments naturels) qui restent fragile à la lumière.

Le rouge (principalement obtenu avec les racines) n’ est pas facile à obtenir, en tout cas pour moi , d’autant plus que je ne déracine jamais de végétaux ou que très très rarement.

Mais en mélangeant certaines peintures et bien, on obtient aussi de belles couleurs, des tons surprenants et c’est là aussi la magie des plantes…. essayer et découvrir.

Pour garder les couleurs, il est nécessaire de maîtriser des techniques bien précises. Exemple, le tempera (peinture à l’œuf et huile de lin ) permet la stabilité de la peinture.

Les pigments végétaux sont associé à des « charges » telles que du kaolin, la craie, l’os de seiche … qui permettent à la couleur d’être plus consistante.

Les racines de la garance voyageuse offrent un joli rouge. (difficile de trouver de la garance dans notre région)

Vous animez de nombreux ateliers (peintures végétales, cuisine, cosmétiques) en particulier avec les jeunes enfants. Sensibiliser le jeune public à la nature est-il important pour vous ?  

Découvrir et faire découvrir le potentiel de la nature me paraît effectivement important mais je pense que cette démarche doit rester avant tout dans la simplicité.

L’amusement et le « ludique » reste pour moi un des meilleurs moyens de retenir les « leçons » que nous donne la nature. Il n’est pas nécessaire de forcer les choses mais juste donner envie de découvrir et prendre progressivement conscience du potentiel immense de la nature. Chacun « prend » ce qui lui « parle ». Les enfants sont réceptifs et curieux. ils osent plus les expériences et transmettent leurs observations aux adultes.

En tant que citadine ou citadin, nous sommes souvent déconnecté.e.s de la nature. Travailler avec les plantes est-il un moyen d’être plus attentif à notre environnement ?

Je suis avant tout animatrice autour des plantes. Par le biais des ateliers, j’essaye de solliciter la curiosité et démontrer que nous pouvons obtenir énormément de choses grâce à la nature.

Ex: Réaliser des cosmétiques sains et efficaces grâce à des plantes et fleurs transformés en macérats huileux, des lotions…. faits maison. Nous évitons ainsi les perturbateurs endocriniens tout en ayant le plaisir de faire soi même.

Réaliser ses peintures avec les végétaux qui nous entourent pour se rendre compte de leurs magies et éviter ainsi d’utiliser des produits chimiques.

Cuisiner avec les fleurs et les plantes sauvages de proximité pour s’étonner des goûts et des saveurs.

En ayant cette démarche je confirme que vous voyez la nature différemment.

Utilisez-vous les végétaux pour fabriquer vos plantes, cuisiner ou fabriquer vos cosmétiques?

Vous pouvez retrouver le calendrier des ateliers sur la page Facebook de Lumin’essence des plantes.

Si vous n’habitez pas Poitiers et ses environs pour assister à un des ateliers, voici deux livres pour découvrir les peintures et teintures végétales.

  • Plantes colorantes, Teintures végétales : le nuancier des couleurs, Michel Garcia et Anne-France Bernard, Editions Edisud.
  • Peintures végétales avec les enfants, Helena Arendt, Editions La Plage.

Crédit photos : Lumin’essence des plantes

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3 réflexions au sujet de « Peinture, cuisine, cosmétiques : à la découverte du potentiel des végétaux avec Lumin’essence des plantes »

  1. mamanslow

    il n’y a pas de hasard , dit-on…en me promenant sur la toile , je tombe sur votre article . Oh combien intéressant . Il y a un moment que je veux faire mes peintures naturelles moi-même.
    Car j’aime les fleurs et autres végétaux , j’aime peindre avec mes enfants pour le côté sensoriel…je ne suis pas intéressée par la technique. Les enfants sont sensoriels par nature, un vrai bonheur :)!
    Je me suis lancée timidement il y a qq jours , en confectionnant une peinture maison à base d’eau , de colorants alimentaires et d’autres ingrédients , recette du net . j’adore l’expérience et le côté la peinture vie « sa vie » , les effets donnés par la peinture sont aléatoires et forts intéressants!
    Pourriez-vous m’indiquer qq recettes de débutant ? la sénéçon n’est elle pas une plante toxique ?
    Merci à vous pour cet article qui me motive 🙂 !

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    1. Catherine [la marmotte chuchote] Auteur de l’article

      Le hasard fait parfois bien les choses et je suis heureuse que cette interview vous plaise.
      Je ne peux pas vous donner de recettes car je viens aussi de découvrir les peintures végétales suite à un atelier-découverte de lumin’essence des plantes. Suite à cela, j’ai demandé à l’organisatrice de répondre à mes questions.
      Vous pouvez, si vous habitez près de Poitiers, participer à un de ces ateliers avec vos enfants. Sinon ils en existent peut-être ce genre d’ateliers dans votre région. Enfin je vous conseille le livre « Peintures végétales avec les enfants, Helena Arendt, Editions La Plage » qui est très bien fait. La plupart des plantes utilisées sont des légumes et s’il y a un éventuel danger, c’est très bien indiqué dans le livre.

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