Aimer les animaux… mais pas trop

Je possède un jardin et les chats du quartier ou errants ont l’habitude d’y passer. Personnellement cela ne me gène pas trop. Il suffit que je protège certaines cultures et que je ramasse leurs déjections. Mais tous ces chats restent très sauvages et se sauvent dès que je mets le pied dehors. Pour résumer, je les tolère mais je ne les accueille pas, ne les nourris pas même les chats que je pense errants.

Un matin, en relevant le volet de ma cuisine, je découvre un chat couché dans mon potager sous la pluie. Il ne bouge pas. Je sors et je m’aperçois que contrairement à d’habitude, il ne se sauve pas quand je m’approche. Son poil est sale et je comprends très vite qu’il est mal en point. Ce chat, je le connais. Très farouche quand je le croisais, il s’était installé depuis quelques mois dans le jardin de mes voisins. J’en avais conclu un peu naïvement qu’ils l’avaient adopté.

Me disant qu’ils voulaient savoir que leur chat était malade, je suis allée sonner chez eux pour les informer. Mais la réponse fut déconcertante : « Ah non ! Nous n’avons pas de chat! Il n’est pas à nous. OK. On lui donne à manger de temps en temps. Il avait l’air si malheureux ce chat mais il n’ai pas à nous… » D’accord, j’ai compris! « Désolée de vous avoir dérangés. Bonne journée. » Je vais m’occuper du chat qui agonise dans mon jardin et trouver une solution. Heureusement, à Poitiers, il existe une service gratuit qui permet de récupérer les animaux malades ou blessés dans la rue. Après mon appel téléphonique, une personne est arrivée deux heures plus tard. Le chat a été emmené chez un vétérinaire puis à la SPA locale si, bien sûr, il a survécu et que l’on n’a pas retrouvé ses propriétaires.

Dans cette même journée, j’ai croisé par deux fois mes voisins qui m’ont demandé des nouvelles du chat. Je n’en avais aucune et je n’en ai jamais eu depuis. Je pense qu’ils s’étaient attachés à ce chat car visiblement ils étaient beaucoup plus inquiets que moi sur son sort. Mais paradoxalement quand les choses se sont compliquées, ils n’ont rien fait. Après tout ce chat qui n’appartenait à personne était dans mon jardin. A moi de me débrouiller. Si j’étais très énervée de la réaction de mes voisins face à ce chat malade (qu’ils avaient nourri pendant plusieurs semaines), je n’étais pas très étonnée de ce comportement. Alors oui on peut aimer les animaux… mais pas trop. Pourtant, le service de la mairie est totalement gratuit, cela m’a juste coûté du temps pour essayer de prendre soin de ce chat.

Pour finir, je voudrais juste ajouter : si vous achetez, adoptez, recueillez ou nourrissez un animal, vous en êtes responsable. Et quand il est malade, vous devez le faire soigner.

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8 réflexions sur « Aimer les animaux… mais pas trop »

  1. lixette

    « – Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…

    […]

    – Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose… »

    (Saint-Ex, le Petit Prince)

    😉

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    1. Catherine [la marmotte chuchote] Auteur de l’article

      Merci Lixette pour cette citation du Petit Prince, elle est si juste.
      Je pense que je vais relire ce livre très bientôt.

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    1. Catherine [la marmotte chuchote] Auteur de l’article

      Aujourd’hui encore j’ai du mal à comprendre le désintérêt total de ces personnes le matin quand le chat est tombé malade mais quand même demandé des nouvelles l’après-midi. C’est çà qui m’a fait le plus mal. J’aurai compris qu’il me demande de l’aide parce qu’il ne savait pas quoi faire mais j’ai vraiment eu l’impression que c’était un soulagement qu’il agonise dans mon jardin.
      J’en ai encore les larmes aux yeux. :'(

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  2. Emilie

    C’est fantastique comme service disponible dis donc! Bon, dans ma famille, c’est un peu l’inverse: on accueille qui vient, et en général ils restent ^^ (2 chats chez moi, 4 chez mon père, 5 chez ma grand-mère, 4 chez ma mère, 8 chez mon frère: tous stérilisés, la plus de la moitié venant de la rue et s’étant un jour trouvée bien chez nous). J’ai toujours pris en charge les soins des chats que je pouvais aider, l’inverse m’eut été insupportable.
    Merci à Lixette au-dessous pour son partage du passage du Petit Prince fort à propos: je l’ai enfin compris !
    En tout cas, merci à toi Catherine d’avoir apporté secours à ce chat.

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    1. Catherine [la marmotte chuchote] Auteur de l’article

      Je suis d’accord avec toi : avoir accès à ce type de service gratuitement est une chance. La personne qui est venue a été très professionnelle et visiblement aimait les animaux.
      J’admire les personnes comme toi qui accueille de nombreux animaux chez eux. Personnellement je n’en ai pas la possibilité mais j’estime avoir fait le maximum pour venir au secours de ce chat.

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  3. Céline

    Moi je suis une vraie mère chat, je donne à manger aux matous qui se « promènent » sur mon « territoire », matous errants pour la plupart, et je m’attache à eux. Ils vont et viennent, ça dure un temps puis d’autres les remplacent. Ils ont aussi une couverture et une niche dans mon cabanon de jardin pour dormir au chaud. Mais si j’en trouve un mal en point, je le prends en charge, je les aime trop, même les plus moches ! Si j’avais la place, je les garderais tous !

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    1. Catherine [la marmotte chuchote] Auteur de l’article

      Merci Céline pour ton commentaire.
      Les chats aussi adorent mon jardin et surtout mon paillis qu’ils prennent pour une litière. 🙁 Enfin je ne les chasse pas pour autant.

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