Ma petite bibliothèque – automne 2018

En ce premier jour de l’automne, je vous propose ma sélection de trois romans en lien avec l’écologie et l’environnement. : Saufs riverains d’Emmanuelle Pagano, Toxique de Samantha Scheweblin et L’île de Sigríður Hagalín Björnsdóttir. Vous voyagerez de la campagne française à la campagne argentine en passant par l’Islande. Dans ces trois romans, ce sont des vies qui sont bouleversées par la construction d’un barrage, l’apparition de maux étranges ou par une coupure totale des communications.

  • Saufs riverains, Emmanuelle Pagano :

A travers l’ennoyage de le vallée du Salagou suite à la construction d’un barrage hydroélectrique, l’autrice retrace l’histoire de sa famille et des habitants de la vallée. Sa naissance coïncide avec la naissance de cette retenue d’eau, là où son grand-père possédaient des vignes, aujourd’hui sous l’eau. Du big bang à aujourd’hui, ce récit raconte la vie de ces personnages intimement liés à ce lieu et à l’eau.

Saufs riverains est le deuxième tome de la trilogie des rives et à remporter le prix du roman d’écologie en 2018. Ne lisant jamais de livres primés, je me suis laissée tenter d’autant plus qu’il était disponible dans ma médiathèque. J’en ai profité pour lire les deux premiers tomes de la Trilogie des rives, Lignes et Fils et Saufs riverains. Et ces deux livres ont un lien étroit avec l’eau. Et pour tout vous dire je n’ai aimé aucun de ces deux livres. Mais revenons Saufs riverains. Je me suis perdue dans les différentes époques, dans les personnages, ne sachant plus qui étaient qui, s’ils avaient en lien de parenté avec l’autrice. Avec un style que je n’ai pas (du tout) apprécié, je ne suis pas rentrée dans l’histoire. Et c’est dommage car j’ai pas vu la beauté des paysages décrits, du lien entre les habitants et leur région, je me suis noyée au fond du lac.

N’ayant pas été sensible à l’univers et à l’écriture d’Emmanuelle Pagano, je vous invite néanmoins à lire d’autres critiques que la mienne si jamais la lecture de Saufs riverains vous tente ou d’emprunter ce livre dans une médiathèque pour vous faire votre propre idée.

  • Toxique, Samantha Schweblin :

Amanda et sa fille Nina passe leurs vacances dans un village au cœur de l’Argentine. Elle y rencontre Carla et son fils David, atteint d’une mystérieuse maladie. Au fil des pages, les récits d’Amanda, de David et de Carla s’entremêlent et on entrevoit la menace qui plane sur le village. Mais d’où vient ce mal qui frappe ces enfants?

Dans ce très court roman (120 pages), Samantha Schweblin y relate les maux qui touchent la campagne argentine. Même si elle n’est jamais explicitée, on la devine facilement. Petit à petit, le poison envahit le dialogue entre les trois principaux protagonistes de l’histoire. La tension monte rapidement et le récit tourne rapidement au cauchemar dont on ne sait pas comment s’en extraire. MaisToxique aborde aussi le thème mère-enfant et comment les liens peuvent se tisser ou se délier quand on a un enfant différent. Ce roman très court est d’une profonde intensité et développe le point de vue des habitants sur les méfaits et les conséquences de la culture du soja transgénique.

  • L’île, Sigríður Hagalín Björnsdóttir :

Un matin, l’Islande se retrouve coupée du monde. Il n’y a plus aucune communication avec l’extérieur, les avions n’atterrissent plus, les bateaux ne reviennent pas… Passé la stupéfaction des premiers jours, il faut se préparer à passer le terrible hiver islandais. Le gouvernement met en place un comité de pilotage pour gérer la situation mais les problèmes surgissent très vite. L’Islande peut-elle devenir un pays autosuffisant et nourrir sa population?

L’histoire est raconté du point de vue de plusieurs personnages : Hjalti, un journaliste politique qui fréquente les hautes sphères du pouvoir et María, une violoniste d’origine étrangère et ex-compagne de Hjalti. Au fil des pages, le piège se referme. Ce pays obsédé par son passé n’arrive pas à gérer la situation. Des milices se mettent en place, les étrangers et les touristes sont persécutés, les enfants sont laissés à eux-mêmes. Racontée à la manière journalistique (l’autrice est journaliste à la télévision islandaise), cette histoire est prenante et angoissante. On ne saura jamais ce qui est arrivé et si le monde existe encore. Le propos est ailleurs. L’autrice nous montre les dérives du pouvoir qui flirte avec la dictature, la propagande montrant une Islande fière de ces racines, la haine des étrangers, la suspicion et la peur… L’écriture rythmée et la tension  qui s’installe au fil des pages rend ce livre plaisant à lire. Pour son premier roman, Sigríður Hagalín Björnsdóttir a réussi un coup de maître.

Quels sont les livres que vous avez aimés dernièrement?

Pensez aux bibliothèques, aux boites à livres, à l’achat d’occasion ou au troc pour vous procurer ces livres. Les librairies indépendantes de votre région seront aussi de bons conseils pour l’achat de livres neufs.

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